Une entreprise pollue rarement là où on la voit. Selon l'ADEME, les émissions indirectes, ce qu'on appelle le scope 3, pèsent en moyenne 75 à 80 % du total d'une entreprise française. Ce qui se passe dans les bureaux et les ateliers ne raconte donc qu'un quart de l'histoire. Tout le reste roule, se stocke, s'emballe et se jette le long de la chaîne d'approvisionnement.
Ce parcours s'adresse à toute personne qui veut comprendre cette chaîne et la verdir : responsable logistique ou supply chain, dirigeant de PME ou d'ETI, responsable RSE, acheteur, chef de projet transport, responsable des opérations industrielles, consultant ou freelance qui veut parler le même langage que ses clients. Aucun prérequis. Chaque terme est expliqué au passage, y compris les anglicismes du métier.
Le CDP et le Boston Consulting Group l'ont chiffré en 2024 : les émissions d'une chaîne d'approvisionnement sont en moyenne 26 fois supérieures aux émissions directes de l'entreprise. Et pourtant, seules 15 % des entreprises qui publient leurs données se fixent un objectif sur ce périmètre. Le plus gros gisement de réduction est aussi le terrain le moins travaillé.
L'explication est simple : la chaîne échappe au contrôle direct. Changer ses ampoules est plus facile que faire bouger un fournisseur à l'autre bout du monde. Difficile ne veut pas dire impossible. Et comme presque personne ne s'y attelle sérieusement, savoir le faire devient une compétence rare.
Le fil rouge tenu du début à la fin : on mesure, puis on agit, puis on communique. Jamais l'inverse. C'est la seule façon d'éviter le greenwashing, et l'amende qui va avec.
Dispensé via 18 capsules de 10 à 20 minutes chacune pour améliorer la compréhension. Tu les suis dans l'ordre la première fois, puis tu reviens piocher la bonne au besoin, comme une boîte à outils.
1. Les fondations
Ce qu'est vraiment une chaîne d'approvisionnement, ses flux physiques et ses flux d'information. Où se cache l'empreinte, au-delà du seul carbone : eau, ressources, biodiversité, qualité de l'air. Et comment la mesurer honnêtement, avec le bilan carbone, les scopes 1, 2 et 3 et l'analyse de cycle de vie.
2. Le transport
Le match des modes, en grammes de CO2e par tonne-kilomètre : environ 6 g pour le rail, 15 g pour le maritime, 90 g pour le routier, plus de 800 g pour l'aérien. Ce n'est pas la distance qui pollue, c'est le mode. Puis le report modal, le multimodal, le taux de remplissage, les kilomètres à vide, la mutualisation, et le dernier kilomètre en ville avec les zones à faibles émissions.
3. Entrepôts, emballages et retours
L'entrepôt sobre : décret tertiaire, solarisation, consommation au mètre carré. L'emballage juste, ni trop ni pour rien : les 3R, le piège du vide qu'on transporte, la REP et son éco-contribution modulée, le règlement européen PPWR applicable depuis août 2026. Puis la logistique inverse, ce flux de retours que presque personne ne pilote.
4. Acheter et sourcer responsable
Décider dès l'achat, parce que l'essentiel se joue là. Arbitrer local ou global sans slogan. Et tracer sa chaîne au-delà du rang 1, avec les données primaires qu'exigent désormais le devoir de vigilance et le règlement européen contre la déforestation.
5. Vers une supply chain circulaire
Boucler la boucle, et les quatre modèles qui découplent la valeur de la matière : économie de la fonctionnalité, mutualisation, symbiose industrielle avec le cas d'école de Kalundborg, seconde main. Chacun avec son piège, effet rebond compris.
6. Piloter, prouver, passer à l'action
Les bons indicateurs et le piège absolu contre intensité. La SBTi pour fixer un cap aligné sur la science. La réglementation démêlée sans jargon : BEGES, CSRD, devoir de vigilance, EUDR, loi AGEC, PPWR, décret tertiaire, ZFE, avec l'état des textes après le paquet Omnibus. Et la feuille de route en cinq étapes pour démarrer lundi.
Un glossaire complet ferme le parcours : scope 3, tonne-kilomètre, reverse logistics, REP, ACV, ZFE et tous les sigles du métier, expliqués simplement.
Format 100 % en ligne, à ton rythme, environ 4 heures de contenu. Chaque notion est illustrée d'exemples réels, de schémas et de références pour creuser. Pas d'exercice à rendre : le parcours est fait pour comprendre vite et retenir. Le ton va droit au but, sans jargon gratuit, et chaque terme technique est traduit au passage.
La chaîne d'approvisionnement est devenue le sujet le plus exposé de l'entreprise. La CSRD réclame des chiffres, le devoir de vigilance des preuves, les donneurs d'ordres des données, et le PPWR redessine les emballages dès maintenant. Résultat : des postes s'ouvrent, et très peu de profils savent tenir la conversation d'un bout à l'autre.
C'est exactement le trou dans lequel se glisser. La plupart des professionnels maîtrisent un maillon : le transport, l'achat, la conformité, le carbone. Peu savent relier les quatre. Celui qui sait dire à la direction financière que mieux remplir un camion coûte moins cher, expliquer à un fournisseur ce qu'on attend de lui, et défendre un indicateur devant un auditeur, devient difficile à remplacer.
Responsable logistique, acheteur, chargé de mission RSE, dirigeant de PME, consultant en transition : tu ressors avec un vocabulaire commun, des ordres de grandeur en tête et une méthode qui tient devant un comité de direction. De quoi transformer un sujet perçu comme une contrainte en avantage sur ton CV.
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